
Le 1er mai, cela faisait exactement 75 ans que la Croix-Rouge avait fondé à Bruxelles un premier service de transfusion sanguine. Ce service comprenait une salle pour l’examen médical des donneurs, un laboratoire pour les analyses de sang et un espace pour le secrétariat. La plupart des transfusions se faisaient alors via la méthode directe, où le sang était directement transféré des veines du donneur dans celles du transfusé. Il était donc indispensable que le donneur soit présent personnellement lors de la réalisation de la transfusion sanguine. Le donneur de sang s’engageait à se rendre directement sur place en cas d’appel urgent. Il était d’ailleurs soumis dès le début à un examen minutieux et à des contrôles permanents.
Les dix premiers mois, 182 candidats donneurs ont été examinés à Bruxelles. Dont 106 ont été inscrits comme ‘donneurs généraux’ : ils pouvaient donner du sang à tous les malades qui en avaient besoin. Durant la première année de fonctionnement, le service a reçu 144 appels. Parmi ceux-ci, 77 avaient un caractère extrêmement urgent. Dans tous les cas, le service avait immédiatement pu donner suite à l’appel. Aucun accident n’a pas non plus été signalé suite à la réalisation d’une transfusion.
Les expériences favorables avec ce premier service de transfusion sanguine ont entraîné la création rapide de services similaires dans d’autres villes. Le 9 février 1935, le centre de transfusion sanguine de Gand était inauguré, et des centres à Anvers, Alost, Bruges, Courtrai, Diest, Hasselt et Louvain ont été créés avant la Seconde Guerre mondiale. La guerre a d’ailleurs favorisé la grande percée de la transfusion sanguine. Les transfusions pouvaient désormais être effectuées via la méthode indirecte : le sang du donneur était recueilli dans une bouteille, conservé pendant plusieurs jours, puis administré au transfusé. Dès lors, on a pu viser une qualité et une sécurité maximales, qui sont encore à l’heure actuelle les mots-clés du Service du Sang. Pendant et après les années de guerre, la Croix-Rouge a aussi réussi à attirer les donneurs volontaires nécessaires, qui étaient à l’époque comme maintenant le pivot de l’approvisionnement en sang.

